Carnet de route

Traversée Belledonne ski 8-12/3/14

Le 19/03/2014 par BEREZIAT Isabelle

 

Traversée de Belledonne à ski du 8 au 12 mars 2014

 

Participants : Gérard, Fred, Jean-Luc, Françoise, Valérie et Isabelle

Jour 1 (samedi 8 mars) :

Le beau temps anticyclonique depuis 2 jours permet de stabiliser le manteau neigeux. Départ de Voreppe à 7 h pour être à Casserousse (Chamrousse 1420m) à 8 h. Merci à Michel qui nous dépose et viendra nous chercher. Il en profite pour aller à la Petite Vaudaine avec Antoine et sa chienne. Nos sacs pèsent entre 12 et 15 kg (ou + pour Gérard ?). Nous avançons désormais au rythme du pas du guide qu’est Gérard, en faisant régulièrement un point GPS. Car après les lacs Robert (2071m), il faut rester à flanc sans se tromper… justement, une petite descente spéciale sous l’Echaillon nous permet de rattraper l’itinéraire. Nous remontons par la Combe de Jasse Bralard puis les lacs Bernard, Longet et Claret (2030m). Après un long replat apparaît enfin le refuge de la Pra (2109m), ouvert exceptionnellement tôt pour accueillir 50 personnes ! pic-nic amélioré (soupe, pâtes ou thé/café… pour tester les réchauds) sur le rebord de la terrasse, puis sieste pour certains(e), bière et même cinéma grandeur nature : nous suivons en direct l’ascension et la descente en ski de 2 personnes dans le couloir de la Grande Lauzière ( ?). Nuit fraîche, toilettes sèches et odorantes… la source est découverte en fin de journée sous 2m de neige. Plus besoin de faire fondre la neige pour boire ou manger.

Jour 2 (dimanche 9 mars) :

Départ vers 7h. neige durcie nécessitant les couteaux par endroits. Nous longeons par des faux-plats montants ou descendants, les lacs du Petit et Grand Doménon (2400m), puis nous montons au col de Freydane (2645m). Excellente descente du glacier homonyme (concours de virages en fraîche…). Au-dessus du lac Blanc (2309m), nous repeautons pour monter au col de Roche Noire sous une chaleur déjà intense. Au col, nous laissons passer un groupe venant du Rivier d’Allemont. Une énorme corniche nous oblige à descendre sans attendre la Combe de Roche Noire dont la neige est lourde en ce début d’après-midi. Vers 13h nous mangeons rapidement (sauf Gérard) hors des hostilités au milieu d’un vallon. S’ensuit une longue descente jusqu’au Rivier (1265m) avec un border-cross dans la forêt (Valérie nous prouve sa souplesse par une position acrobatique), des passages à sec et une piste horizontale… trouver encore des forces pour pousser sur les bâtons. Mais nous pensons à la bonne bière qui nous attend au gîte. Arrivés en terre reconnue, nous profitons du luxe d’une bonne douche et tandis que nous refaisons nos sacs avec les vivres déposés le WE précédent, Gérard est demandé à l’accueil… surprise : Aymeric et ses acolytes du CAF de Voiron sont de retour du Pic Lamartine. Ils repartiront sur Grenoble avec notre surplus, c’est toujours ça que nous n’aurons pas à porter ! Nous dégustons un bon repas avec un gars du CAF de Lyon et une fille qui enchainent la traversée de Belledonne en 2 jours seulement, soit presque 3000m de dénivelé par jour… on est des petits joueurs ! Allez, bonne nuit les petits…

 

Jour 3 (lundi 10 mars) :

Un copieux petit déj. nous donne de l’énergie pour attaquer les 1700m prévus aujourd’hui. Départ vers 7h. Comme on a été gentils avec la gérante du gîte, elle nous dévoile un raccourci à travers le village, mais nous avons du mal à retrouver le chemin. Notre traversée de la forêt par la piste est souvent interrompue par les déchaussages-rechaussages quand il n’y a plus de neige, pour passer les coulées et les torrents ou pour mettre les couteaux. Les oiseaux nous accompagnent joyeusement… la montée est longue et régulière dans le vallon, avec le Pas de la Coche à notre gauche et le Pic de la Belle Etoile au loin. Heureusement Gérard n’a pas besoin de tracer car nous suivons les traces des 2 ovnis rencontrés hier au gîte. Arrivés à une barre rocheuse, nous sommes obligés de faire marche arrière (conversion délicate, descente sur quelques dizaines de mètres avec peaux et couteaux dans la neige transfo…) pour reprendre la montée au col de la Vache (2566m). Magnifique, grandiose, sauvage... comme toute la partie nord de Belledonne. Belle descente jusqu’au lac du Cos (2182m) qui a des allures d’antarctique : la glace, très épaisse, s’est effondrée en cratères suite au pompage de l’eau. Nous profitons d’une plateforme de béton (certainement le barrage) pour nous asseoir au sec, faire sécher les peaux ou les chaussettes, et préparer un picnic amélioré (soupe, thé, café…). Une fois n’est pas coutume, cette pause magnifique se prolonge. Pourtant, y a encore du taf ! Nous remontons au col du Mouchillon (2516m) à travers le lac Blanc (« mets de la distance, bon sang ! »). Super neige dans la descente. Nous restons bien à droite sous l’énorme muraille où nichent les chocards, pour pouvoir attraper le pont qui enjambe le torrent et arriver au refuge de Combe Madame (1784m). Pour un peu, je loupais ma réception au niveau du pont et me retrouvais dans le torrent 2 m plus bas… Au refuge, le peu de bois restant suffit à alimenter le poêle et faire sécher nos affaires. On a presque trop chaud ! La corvée d’eau se fait au torrent en contre-bas.

Jour 4 (mardi 11 mars) :

La nuit a été agitée pour certains, car l’étape à venir (la Plagne Vaumard) aperçue la veille, semblait en effet délicate. Ah les perspectives ! Jean-Luc et Françoise décident d’en rester là et descendent jusqu’à La Martinette où leur « taxi » personnel les attend. Ils nous proposent de prendre les sacs de couchage et la poubelle. Merci à eux ! Nous partons donc allégés mais concentrés sur chaque conversion dans cette pente à 35° de neige durcie. Nous pouvons souffler au premier « replat », avant d’attaquer à nouveau une pente soutenue, recouverte d’une coulée de neige lourde. Nous gagnons le col d’Arguille (2755m) plutôt que le col du Tepey, afin d’éviter la combe du Tepey jugée dangereuse avec le redoux. Pour atteindre le glacier d’Arguille, il nous faut descendre quelques mètres à pied à travers les rochers. Nous rechaussons les skis et descendons dans une neige pour le moins changeante. Nous passons au-dessus du lac Blanc (2124m) où nous repeautons en direction du col de la Valloire (2751m), par une montée qui n’en finit pas. Soit-disant, 350m… Il sait ménager les susceptibilités féminines, not’ Gégé ! Au col, nous prenons conscience de la fin proche du périple, car nous rangeons les peaux pour la dernière fois. L’ultime descente promet d’être longue. Nous passons par le col de Comberousse (2600m env) et le glacier du Gleyzin. Il s’agit d’éviter les barres rocheuses situées au-dessus du refuge de l’Oulle (1836m). Le GPS nous est bien utile. Dans les grandes pentes, le soleil a déjà bien ramolli la neige et il faut prendre assez d’élan pour remonter au refuge sans se retrouver coincé au fond de la cuvette… Rencontre improbable avec un homme qui fume sa clope assis sur un banc, attendant qu’il fasse encore un peu plus chaud pour se laver, et regardant les hauts sommets en pensant aux 5 prochains jours qu’il va passer là-haut,  ayant pris la précaution d’avoir déposé du bois au prochain refuge…

La neige est bonne sous le refuge mais ensuite la traversée jusqu’à la forêt s’avère délicate (arbres, vernes, coulée récente de neige lourde). Puis c’est un long border-cross presque agréable, si ce n’était le poids des sacs et la fatigue accumulée qui nous fait chuter souvent. Michel nous attend déjà au parking de la Bourgeat Noire (1095m) depuis quelques heures, nous ayant cherchés en vain. Merci pour ta patience ! La bière de l’amitié s’impose, nous la boirons à Allevard. Retour à la civilisation…

Pour conclure, une randonnée exceptionnelle, grandiose, servie par un maître de la discipline, Gérard, grâce à qui nous avons pu enchainer montées infernales et descentes de fous. Merci encore.

Isabelle

... quelques photos en attendant...

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